À RETENIR
Face à un refus de soins, demandez le motif, une orientation vers un autre professionnel et conservez les preuves de vos échanges. Un médecin peut refuser une prise en charge dans certaines situations, mais il ne peut pas écarter un patient pour un motif discriminatoire ni abandonner une personne en situation d’urgence.
- Le consentement du patient et la liberté de choix du médecin encadrent la relation de soins.
- Un refus doit être justifié par des raisons professionnelles, personnelles ou organisationnelles légitimes.
- En cas d’urgence, composez le 15 ou le 112 selon la situation.
- La commission des usagers, l’Ordre des médecins, l’Assurance Maladie et le Défenseur des droits peuvent être saisis selon le problème.
La démarche dépend surtout de la cause du refus, de son caractère urgent et des éléments permettant de démontrer une discrimination ou une rupture de prise en charge.
Refus de soins par un médecin : quel est le principe légal ?
Un médecin ne peut pas être contraint d’accepter chaque demande de consultation ou chaque acte médical. Le Code de déontologie médicale lui permet de refuser des soins pour des raisons professionnelles ou personnelles, à condition de ne pas nuire au patient et d’assurer la continuité de sa prise en charge.
Ce droit ne doit pas être confondu avec un refus arbitraire ou discriminatoire. L’Ordre des médecins rappelle que le médecin doit traiter les patients avec la même attention, sans distinction liée notamment à l’origine, au sexe, à l’âge, au handicap, à l’état de santé, à la situation sociale ou aux convictions.
- Le médecin doit écouter votre demande et vous donner une information compréhensible lorsque la situation le permet.
- Il ne peut pas vous imposer un acte médical sans votre consentement libre et éclairé.
- S’il ne peut pas vous prendre en charge, il doit éviter une rupture préjudiciable et vous orienter lorsque cela est nécessaire.
Les droits du malade s’exercent aussi dans les établissements de santé. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande une information claire du patient et une organisation permettant de préserver la continuité des soins.
Dans quels cas un médecin peut-il refuser ou interrompre des soins ?
Un refus peut être licite lorsque le médecin n’a pas la compétence ou le matériel adaptés, lorsque son planning ne permet pas une prise en charge raisonnable, ou lorsque la relation de confiance est durablement rompue. Il doit toutefois tenir compte de votre état de santé et vous proposer une solution adaptée si l’absence d’orientation vous expose à une perte de chance.
- Le médecin peut refuser un acte qui ne correspond pas aux données médicales reconnues ou à votre besoin de santé.
- Il peut interrompre une relation de soins en cas de comportement violent, de menaces ou de demandes incompatibles avec les règles professionnelles.
- Il ne peut pas mettre fin à un suivi de manière brutale si cette décision vous laisse sans solution face à un besoin médical.
L’urgence médicale et l’obligation de porter assistance
En présence d’une urgence, le médecin doit porter assistance à une personne en danger ou organiser rapidement son orientation. Un refus de rendez-vous classique ne doit donc pas retarder la prise en charge d’une douleur intense, d’une difficulté respiratoire, d’un malaise, d’une paralysie soudaine ou de tout symptôme inhabituel et sévère.
Si votre état semble urgent, appelez le 15 pour le Samu ou le 112 dans l’Union européenne. Ne vous contentez pas d’une réclamation administrative lorsque votre santé peut se dégrader rapidement.
L’obligation d’assurer la continuité des soins et d’orienter le patient
Lorsqu’un médecin cesse de vous suivre, il doit prendre des précautions pour que la continuité des soins soit assurée. Cela peut passer par la transmission des informations utiles, avec votre accord et dans le respect du secret médical, ou par l’orientation vers un confrère, une structure de soins ou un service d’urgence.
Demandez une trace écrite du motif et de l’orientation proposée. Vous pouvez aussi consulter les démarches pour changer de médecin traitant si la relation de soins ne peut pas être poursuivie.
Les refus interdits : discrimination, représailles ou exigences financières illégales
Un professionnel ne peut pas refuser un patient en raison d’un critère discriminatoire. Les discriminations dans l’accès aux soins peuvent concerner l’origine, le handicap, la couverture sociale, la grossesse, l’état de santé ou la précarité. Une demande de paiement non prévue, utilisée pour écarter certains patients, peut également poser un problème déontologique ou réglementaire.
L’Assurance Maladie encadre par ailleurs les pratiques de refus de soins discriminatoires visant notamment les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire. La date des faits, le motif donné et les documents remis permettent d’apprécier le recours approprié.
Quels sont les droits du patient face à un refus de soins ?
Vous avez le droit de connaître, dans la mesure du possible, la raison pour laquelle votre demande n’est pas acceptée. Vous pouvez aussi demander une orientation et récupérer les informations nécessaires à la poursuite de votre parcours.
- Demandez le nom du professionnel ou de la structure qui pourrait vous recevoir.
- Demandez si le refus concerne un acte précis, un rendez-vous, une urgence ou l’ensemble du suivi.
- Conservez vos ordonnances, comptes rendus, courriels, messages et relevés d’appels.
Être informé du motif du refus
Un motif précis vous aide à distinguer un manque de disponibilité, une limite de compétence, un désaccord médical ou une discrimination. Le professionnel n’est pas tenu de révéler des informations couvertes par le secret concernant une autre personne, mais il doit pouvoir expliquer sa décision de manière professionnelle lorsque cela est possible.
Si le refus est oral, envoyez un courriel récapitulatif factuel. Écrivez la date, votre demande, la réponse reçue et les conséquences pratiques, sans exagération ni accusation non étayée.
Être orienté vers un autre professionnel ou une structure adaptée
L’orientation doit correspondre à votre besoin et à son degré d’urgence. Pour une consultation non urgente, votre médecin traitant, votre caisse d’assurance maladie ou le service d’accès aux soins de votre territoire peuvent vous aider à identifier une solution.
Pour une démarche de prévention, vous pouvez aussi vérifier les dispositifs adaptés à votre âge et à vos antécédents, notamment grâce à notre dossier sur le dépistage organisé des cancers et les âges concernés.
Accéder à son dossier médical et préserver la continuité de sa prise en charge
Vous pouvez demander l’accès à votre dossier médical auprès du professionnel ou de l’établissement qui le détient. Les documents utiles comprennent les comptes rendus, résultats d’examens, prescriptions et courriers de liaison. Le dossier médical partagé, accessible dans Mon espace santé, peut faciliter la transmission de certaines informations entre professionnels autorisés.
Si vous changez de praticien, demandez à l’ancien médecin de transmettre les éléments nécessaires avec votre accord. Pour comprendre le fonctionnement de cet outil, consultez notre article consacré au dossier médical partagé et à Mon espace santé.
Refus de soins, refus de rendez-vous ou refus de patient : quelles différences ?
Le refus de rendez-vous peut simplement signifier que le cabinet est complet, que le praticien n’accepte pas de nouveaux patients ou que la demande relève d’une autre spécialité. Il devient problématique si le motif invoqué est discriminatoire, si l’urgence est ignorée ou si aucune orientation n’est proposée malgré un risque pour votre santé.
Le refus de soins concerne plutôt une consultation, un examen, un traitement ou un acte déjà envisagé. Le refus de patient décrit une décision plus générale de ne pas établir ou de ne pas poursuivre la relation de soins. Dans les 2 cas, le contexte, le motif et les conséquences médicales doivent être examinés séparément.
Que faire immédiatement en cas de refus de soins ?
Commencez par vérifier si votre situation relève d’une urgence. Si ce n’est pas le cas, demandez calmement une explication et une solution de remplacement, puis rassemblez les éléments utiles à une éventuelle réclamation.
- Notez la date, l’heure, le lieu, l’identité du professionnel et les mots employés.
- Demandez une confirmation écrite du refus et de son motif.
- Contactez votre médecin traitant, votre caisse ou une structure de soins si vous ne trouvez pas de solution.
Demander une explication et une orientation écrite
Un message court et factuel peut suffire : rappelez votre demande, indiquez vos symptômes ou le soin concerné, puis demandez le motif du refus et le professionnel vers lequel vous orienter. Évitez de modifier vous-même un traitement ou de retarder un examen prescrit sans en parler à un professionnel.
Vérifier s’il existe une urgence et contacter le 15 ou le 112 si nécessaire
Une douleur thoracique, une détresse respiratoire, des signes d’accident vasculaire cérébral, une perte de connaissance ou une aggravation rapide nécessitent un avis immédiat. Appelez le 15 ou le 112 et décrivez précisément les symptômes, leur début et leur évolution.
Conserver les preuves du refus et des échanges
Gardez les courriels, captures d’écran, courriers, ordonnances, attestations et relevés téléphoniques. Demandez aux témoins éventuels de rédiger un récit daté et factuel. Ces éléments peuvent être utiles à l’établissement, à l’Ordre des médecins, à l’Assurance Maladie ou au Défenseur des droits.
Quels recours contre un médecin qui refuse des soins ?
Le recours dépend de la nature du refus. Avant toute procédure, demandez conseil à un professionnel de santé, à votre caisse ou à une association de patients afin de choisir l’interlocuteur adapté.
| Interlocuteur | Situation adaptée | Démarche | Pièces utiles |
|---|---|---|---|
| Établissement et commission des usagers | Refus dans une clinique ou un hôpital, difficulté de prise en charge | Réclamation écrite au responsable des relations avec les usagers | Dates, courriers, identité du service |
| Conseil départemental de l’Ordre des médecins | Manquement déontologique, rupture de continuité, comportement discriminatoire | Plainte ou signalement circonstancié | Récit chronologique et justificatifs |
| Assurance Maladie | Refus de soins discriminatoire ou difficulté liée aux droits sociaux | Signalement refus de soins CPAM auprès de votre caisse | Coordonnées du professionnel et preuves |
| Défenseur des droits | Discrimination dans l’accès aux soins ou traitement défavorable | Réclamation en ligne ou par courrier | Échanges et éléments comparatifs |
| Justice | Préjudice, faute présumée ou situation grave | Prise de conseil juridique avant une action | Dossier médical et preuves du dommage |
L’ARS Occitanie peut aussi être un interlocuteur pour une difficulté concernant l’organisation ou le fonctionnement d’une structure de santé. Vérifiez les modalités et coordonnées en vigueur au moment de votre démarche, car elles peuvent différer selon le type d’établissement.
Comment prouver un refus de soins abusif ?
La preuve repose généralement sur un ensemble d’indices concordants plutôt que sur un seul document. Montrez ce que vous avez demandé, la réponse reçue, le motif invoqué, les démarches effectuées ensuite et le préjudice éventuel subi.
- Conservez une chronologie datée des appels, consultations et refus.
- Demandez des réponses écrites et gardez les accusés de réception.
- Comparez les informations données avec les règles affichées par l’établissement ou la caisse.
- Recueillez les témoignages de personnes présentes, sans leur demander d’interpréter les faits.
Une différence de tarif ou de délai ne suffit pas toujours à démontrer une discrimination. L’Assurance Maladie et le Défenseur des droits peuvent vous aider à qualifier les faits avant une plainte formelle.
Que risque un médecin en cas de refus illégal ?
Selon les faits, un médecin peut faire l’objet d’une demande d’explication, d’une procédure de conciliation ou d’une plainte devant l’Ordre. Une instance ordinale peut examiner un manquement aux règles déontologiques et prononcer une sanction disciplinaire selon la gravité et les circonstances.
Si une discrimination, une mise en danger ou un dommage est établi, d’autres conséquences peuvent exister sur les plans administratif, civil ou pénal. La sanction ne dépend pas uniquement du ressenti du patient : elle repose sur les faits, les preuves et l’analyse de l’autorité saisie.
Ne renoncez pas à vos soins pendant la procédure. Consultez un autre professionnel et sollicitez un avis médical si votre état le justifie.
À ne pas confondre : le refus de traitement par le patient
Le refus de soins peut venir du professionnel, mais vous pouvez aussi refuser un examen ou un traitement proposé. En France, le patient prend les décisions concernant sa santé avec le professionnel, après avoir reçu une information adaptée, et peut retirer son consentement.
- Votre refus doit être recherché sans pression et compris par le professionnel.
- Le médecin doit vous expliquer les conséquences prévisibles de votre décision.
- Le suivi reste organisé autant que possible, notamment si votre choix augmente un risque médical.
Le droit du patient de refuser ou d’interrompre un traitement
L’article L.1111-4 du Code de la santé publique reconnaît le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. Le professionnel doit respecter cette décision après vous avoir informé des conséquences et proposer, lorsque cela est possible, une nouvelle discussion ou une alternative.
Pour une décision complexe, demandez un délai de réflexion, un deuxième avis ou la présence d’un proche. Ne modifiez pas seul un traitement à risque sans en parler à un médecin ou à un pharmacien.
La sortie contre avis médical et l’information sur les risques
Vous pouvez demander à quitter un établissement contre l’avis de l’équipe, mais vous devez recevoir une information sur les risques et les soins à poursuivre. L’établissement peut vous demander de signer un document attestant que vous avez été informé, sans que cette signature transforme automatiquement la situation en faute de votre part.
Avant de partir, demandez vos prescriptions, votre compte rendu, les signes qui doivent vous conduire à consulter et le numéro à appeler en cas d’aggravation. Un professionnel doit pouvoir vous expliquer la conduite à tenir selon votre situation.



